Introduction à L'Eglise Copte Orthodoxe

 

 

Écrit par Père Tadros

 

Bénis soient l'Egypte, mon peuple. Esaïe 19:25

   La promesse de Dieu à Son peuple est toujours réalisée; Il a prédit qu'Il monterait sur une lumière et sur une nuée rapide, et qu'Il viendrait en Egypte (Es. 19:1); et, en ce même temps, il y aura un autel à l'Eternel au milieu du pays d'Egypte, et sur la frontière un monument à l'Eternel (Es. 19:19). Cette promesse a été réalisée par la fuite de la Sainte Famille de la face d'Hérode, le tyran, pour trouver un refuge parmi les Gentilles. Ainsi, Jésus-Christ est venu, pendant Son enfance, en Egypte pour mettre Lui-même la pierre de fondement de Son Eglise en Egypte, qui est devenue une des quatre premières "prédications" dans le monde, parmi les églises de Jérusalem, d'Antioche et de Rome, jointes plus tard par "la prédication" de Constantinople.

   L'étoile de l'Eglise Egyptienne brilla à travers l'Ecole d'Alexandrie, qui apprit à la chrétienté les méthodes allégoriques et spirituelles dans l'interprétation de l'Ecriture, et qui fut le leader dans la défense de la foi Orthodoxe, à un niveau œcuménique.

   Le mouvement monastique Chrétien, en toutes ses formes, a commencé en Egypte, attirant le coeur de l'Eglise vers le désert, pour pratiquer la vie intérieure, angélique. Ceci est arrivé au temps où les portes de la cour royale furent ouvertes au clergé, ce qui, par conséquent, mit l'Eglise en danger, puisque le travail calme et spirituel de l'Eglise fut mélangé à l'autorité et à la politique temporelle de la cour royale.

   L'Eglise Egyptienne porta la croix de Jésus à travers les générations, supportant les souffrances, même du côté des Chrétiens eux-mêmes. Elle continua à offrir des martyrs et des confesseurs innombrables à travers les âges. Parfois, le peuple des villes était martyrisé, et plusieurs luttèrent pour gagner la couronne du martyre, heureux de le faire, et avec un coeur plein de joie.

   Notre église est ancienne et nouvelle en même temps; ancienne en ce qu'elle est apostolique, fondée par St. Marc l'Evangéliste; traditionnelle, tenant bien à la foi apostolique originelle, sans déviation. Elle est aussi toute nouvelle par Son Messie Vivant, qui ne vieilli jamais, et par l'Esprit de Dieu qui la rajeunit. (Ps 103 :5)

L'Eglise Copte est riche de sa vie évangélique et ascétique, son héritage patriotique authentique, son adoration céleste, ses rites spirituels, ses hymnes efficaces et vivants, ses belles icônes, etc… Elle attire le coeur vers le ciel sans ignorer la vie actuelle de chaque jour. Nous pouvons dire qu'elle est une Eglise apostolique contemporaine, qui porte la vie et la pensée à l'homme contemporain, sans déviation. On trouve dans sa vie de la douceur et du pouvoir de l'Esprit, avec une appréciation et de la sanctification des arts, de la littérature et de la culture humaine.

   Cette église est bien connue par ses saints nombreux: des ascétiques, des ecclésiastiques et des laïcs. Elle a offert plusieurs saints à travers les âges et elle en offre jusqu'à ce jour même… Car elle croit que pratiquer la vie sanctifiée et que la communion avec Dieu, qui est Saint, vient avant satisfaire les esprits avec des études mentales solides.

  
Elle est l'Eglise de tous, chaque membre a son propre rôle positif, étant un ecclésiastique, un laïc, un homme ou une femme, un adulte ou un enfant… Elle est l'église de la famille en général, et l'église de chaque membre, en même temps.

   Même un bébé trouve son plaisir dans l'église à travers la simplicité de ses rites et la douceur des ses hymnes; tu pourrais le trouver gazouillant joyeusement, comme s'il était à sa propre maison (ou à celle de ses parents). En même temps, le théologien trouve du plaisir à travers les concepts profonds de ces mêmes rites.

   Finalement, j'espère - dans le Seigneur - de présenter les lignes essentielles des pensées et des concepts de l'église, comme église évangélique, apostolique et patristique, qui a une attitude du ciel. Elle croit à la sainteté de l'homme, à son intégrité et à accorder tout don, donnant de l'intérêt à chaque âme et s'occupant d'elle, pour que le Christ céleste soit révélé en elle comme l'Epoux éternel, qui sanctifie son épouse, la béatifie par Son Saint-Esprit, et l'embrasse pour qu'elle jouisse de Sa gloire éternelle.

   En effet, je serai peut-être obligé de parler du côté nationaliste Egyptien, mais j'espère - dans l'Esprit de Dieu - que tout lecteur jouira de la pensée Orthodoxe, quelle que soit sa nationalité, étant un membre du seul Corps du Christ, à travers la seule foi et d'un même esprit.

L'Eglise Copte : Comme Eglise Apostolique

 

Le Terme "Coptes"

   Le terme "Coptes" est équivalent au mot "Egyptiens". Il est dérivé du grec "Aigyptos", qui est dérivé à son tour de l'ancien Egyptien "Ha-Ka-Ptah", c'est-à-dire, "la maison de l'esprit de Ptah", un dieu très révéré dans la mythologie Egyptienne. Dès la conquête Arabe et jusqu'à présent, ce terme fait référence aux Egyptiens Chrétiens, pour les distinguer des Musulmans natifs.

Fils des Pharaons

   Les Coptes, comme successeurs des anciens Egyptiens, sont définis comme les fils modernes des Pharaons. Ils ont joué un rôle essentiel dans tout le monde Chrétien, spécialement pendant les cinq premiers siècles.

   Leur formation religieuse les a aidés à accepter le Christianisme avec grand désir et à jouir de sa profondeur à travers leur vie ascétique, à travers la méditation et par étudier l'Ecriture Sainte.

   A ce sujet, nous souhaitons mettre un peu de lumière sur la culture Egyptienne ancienne et comment elle a réagit envers la nouvelle foi Chrétienne.

1. Leur formation religieuse:

   Il est bien connu que les anciens Egyptiens avaient des esprits religieux par nature et par leur formation, dès les premiers temps. Herodotus déclare que "Les Egyptiens sont religieux à excès, complètement au delà de toute autre race des hommes." Leur curiosité religieuse a été satisfaite par la foi Chrétienne qui ne met aucune limite au progrès spirituel, puisqu'elle relève les croyants vers le sein du Père, pour qu'ils jouissent de la ressemblance à Dieu, d'une vraie communion avec Lui, et de la reconnaissance des mystères divins éternels.

2. Leurs antécédents scientifiques élevés:

   La science moderne a accompli du progrès incessant, surtout dans le dernier siècle. Plusieurs des travaux scientifiques des anciens Egyptiens, qui ont eu lieu des milliers d'années avant le Christ, sont toujours considérés des secrets obscures; par exemple, les pyramides, avec leur merveille et leurs mystères scientifiques, l'art de l'embaumement, l'art de la sculpture, les peintures colorées sur les murs, etc. Tous ces arts sont encore sujets à des recherches au point que certains croient que les anciens Egyptiens travaillaient sous la direction d'un surhumain (venant de l'espace extérieur), ou d'autres étoiles. Certains considèrent que l'homme aurait conquis l'espace beaucoup plus tôt si la bibliothèque d'Alexandrie n'avait été brûlée, ce qui résultat en la perte de secrets scientifiques de grande importance.

   En tout cas, le fait est que les anciens Egyptiens ont mis leur capacités scientifiques à la disposition de la pensée religieuse (comme dans la construction des pyramides, l'embaumement, etc.) Ceci a influencé les Coptes. Ils voyaient la science pas comme un ennemi de la religion et quelque chose qui est contraire à elle, mais ils la voyaient de manière qu'elle agisse en faveur de la religion. Alors, l'Ecole d'Alexandrie ouvrit ses portes aux érudits et aux philosophes, croyant que la science et la philosophie peuvent servir la vraie vie spirituelle.

3. Leurs dogmes religieux

a) Chaque grande ville dans l'Egypte Ancienne reconnaissait quelque sorte de triade. Mais ces triades étaient très étrangères de la Sainte Trinité Chrétienne.

b) Leurs philosophes croyaient en Un Seul Être Suprême; le meilleur exemple est le roi Ikhnaton (1383-1365 Av. J.-C.)

c) Pendant que la majorité des anciennes civilisations étaient préoccupées par la vie terrestre, cherchant les plaisirs temporaires, l'esprit Egyptien était absorbé par l'autre monde et par la résurrection. Quand ils ont été convertis au Christianisme, ils sont devenus concernés par l'attente de la venue du Christ Ressuscité, à travers leurs longs hymnes, leurs jeûnes excessifs, leur ténacité et leur souffrance avec joie. Cette attitude eschatologique a son effet sur notre adoration, nos liturgies, et même sur notre vie journalière.

d) La Croix: Les Egyptiens avaient tendance à identifier la Croix avec leur propre signe de la vie éternelle, le "Ankh", qui était tenu par les mains des immortels, comme les dieux et les pharaons. Le signe du "Ankh" avait la forme d'un crucifix avec une extrémité ronde, qui a été adopté et utilisé volontiers par les Coptes, dès les premiers temps.

e) En plus de cela, les Egyptiens semblent avoir eu une idée de l'unité de Dieu, de Son éternité, de Son infinité, et de Son aimable bonté.

La Sainte Famille en Egypte

   A l’intervalle d’une semaine, les idoles des temples païens ont commencé à s’effondrer, les prêtres païens sont devenus furieux et ont forcé la famille étrangère à sortir hors de la ville. Ainsi, la Sainte Famille a quitté pour Memphis, puis Maadi où l’Eglise de St. Marie a été bâtie. Peut-être cette Eglise était un temple Juif. Sa structure présente, avec ses triples dômes attrayants, ressemblant à des greniers de blé, est connue depuis le treizième siècle.

L’Egypte dans la Sainte Bible :

   La Bible se concentre sur « Jérusalem », ce qui signifie « terre de la paix », ou « vision de paix », comme étant le centre de la terre promise, où Dieu déclare Sa demeure au milieu de Son peuple. Un saint temple a été établi en elle en Son Nom, où le peuple L’adorait, Lui offrait des sacrifices et des offrandes et célébrait plusieurs fêtes comme symbole de la joie céleste. C’est Jérusalem, le symbole du ciel, qui est appelée « la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère » (Gal. 4 :26). D’une autre part, nous trouvons Babel et l’Egypte ; Babel représente la désobéissance à Dieu, la violence, la vanité (tour de Babel, Gen 11), l’opposition à Dieu à travers Ses croyants (la captivité Babylonienne), l’adultère et les abominations (Apocalypse 17 :5). L’Egypte était bien connue par ses récoltes abondantes et son roi (Pharaon), chez qui Israël et Juda cherchaient un refuge contre Babylone. Alors, l’Egypte était un symbole de l’amour des choses temporaires et de la confiance en les mains humaines. (1 Rois 18 :21)

   L’Egypte était un refuge pour plusieurs, surtouts pendant les famines. Abraham a visité l’Egypte (Gen. 12 :10), et aussi Joseph qui est devenu le second homme après le Pharaon, offrant la récolte à tous les pays voisins. Jacob et ses fils sont venus en Egypte où ils ont vécu comme famille et où ils ont grandi comme nation. C’était le lieu de naissance ou la nursery du peuple de Dieu. Leur premier chef, Moïse, le grand prophète, et son frère Aaron, le premier souverain sacrificateur, sont apparus en Egypte pour lui accorder (au peuple de Dieu) la liberté. St. Etienne dit : « Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. » (Actes 7 :22)

   Parmi les prophètes qui ont visité l’Egypte, il y avait Jérémie, qui a imploré les gens de ne pas s’enfuir en Egypte, mais en vain, car ils l’ont forcé à les accompagner dans leur voyage en Egypte (Jér. 41 :1, 43 :7) Il a prononcé ses dernières prophéties à Tachpanès de l’Egypte. (Jér. 43 :8-44 :30).

   Ainsi, l’Egypte est devenue un représentant des Gentils, pour qui le Christ est venu pour établir Son Eglise et pour former Son nouveau peuple.

Bénis soient l’Egypte, mon peuple :

   Le prophète Osée a prévu le Fils de Dieu sortant de Bethlehem et fuyant en Egypte, où Il trouverait un bon accueillement dans les cœurs des Gentils. Par Osée, Dieu le Père a prononcé cette prophétie : « J’appelai mon fils hors d’Egypte. » (Osée 11 :1)

   Le prophète Esaïe nous a donné plus de détails, disant : « Oracle sur l’Egypte. Voici, l’Eternel est monté sur une nuée rapide, il vient en Egypte ; et les idoles de l’Egypte tremblent devant lui. En ce même temps, il y aura un autel à l’Eternel au milieu du pays d’Egypte. » (Esaïe 19 :1, 19) St. Cyrille le grand a interprété cette prophétie, disant : [La nuée resplendissante qui a emporté l’enfant Jésus en Egypte est Sa mère, St. Marie, qui a dépassé la nuée en pureté. L’autel qui a été établi au milieu de la terre d’Egypte est l’Eglise Chrétienne qui a remplacé les temples du paganisme, alors que les idoles se sont effondrées et les temples sont devenus déserts en présence du Seigneur Jésus.]

Le Voyage Saint :

   Les importantes stations où la Sainte Famille s’est abritée sont :

La Colline de Bubastis :

   La Sainte Famille a quitté Bethlehem pour aller en Egypte à travers le Sinaï. Ils ont suivi la route de la Caravane du Sud, tout au long de la côte Méditerranéenne, passant par Gaza-Raphia (Rafah) – Rhinocolura , (El-Arish à présent), puis Ostrakini, qui est devenu un diocèse de l’Evêque Abraham, qui a rejoint le Conseil d’Ephèse en 431 Ap. J.-C.

   La dernière station de la Sainte Famille au Sinaï a été Pelusium (Al-Farma à présent ), qui est située entre El-Arish et Port-Saïd, et qui est considérée l’entrée clé de l’Egypte du côté est.

   De Pelusium, ils ont traversé vers Bubastis (Tel-Basta), où ils se sont reposés sous un arbre, dont on dit a vécu jusqu'à 1850 Ap. J.-C. Là, à la Colline de Bubastis, une source d’eau a coulé, d’où la Sainte Famille buvait ; Son eau a guéri plusieurs de leurs maladies.

   Peu après que la Sainte Famille a pris résidence dans la ville, les statues païennes ont commencé à s’effondrer, ce qui, par conséquent, a causé la colère des prêtres païens contre la Sainte Famille. Alors, la Sainte Famille a quitté la ville pour aller à ses banlieues, à un lieu appelé « Mastard ».

Mataryah :

   La Sainte Famille a voyagé à Bilbais, puis à Miniat-Genah (Miniat Samanoude à présent), traversant le Nile vers Samanoude, puis, de là, à Borolosse. Ils ont traversé le Nile vers la rive ouest, à Sakha, puis ils ont voyagé vers l’ouest, tout au long de Wadi-el-Natroune (Vallée de Natroune), au sud du désert de « Chéhite ». Ce désert est devenu un paradis de moines, les anges terrestres.

   Ensuite, la Saint Famille a voyagé à Héliopolis, à un quartier appelé « Mataryah », où ils se sont abrités sous un arbre connu par « l’arbre de la St. Vierge Marie ». L’Eglise Copte s’occupe de cet arbre qui fleurit toujours, malgré sa vieillesse. Près de cet arbre, une source d’eau a coulé et des balsamines s’épanouissent encore. Ces plantes sont ajoutées aux pommades utilisées pour faire la Sainte Chrême (huile pour la confirmation).

   Les pèlerins, au Moyen-Âge, visitaient « Mataryah » et « l’arbre de St. Marie », les considérant des lieux sacrés. Jusqu'à ce jour même, les touristes viennent pour les visiter.

Le Caire Ancien :

   Le Caire Ancien est considéré la troisième station de la Famille. Là, nous avons l’Eglise de la St. Vierge Marie et un couvent qui sont situés, tous les deux, à l’allée de Zwayla. Mais le monument le plus attrayant est la caverne à Babylone, au Caire Ancien, où il y a un autel et une niche. Il est probable que la Saint Famille a pu avoir utilisé cette caverne comme un lieu pour dormir pour l’enfant Jésus. Au dessus de cette caverne, une Eglise a été bâtie au quatrième siècle, et elle est connue par le nom de l’Eglise de St. Sérguioce (Abou Sérgua).

En Haute-Egypte :

La Sainte Famille a traversé le Nil vers la Haute-Egypte et s’est dirigée vers l’est, vers Bahnassa (près de Béni-Mazar). Puis, ils ont traversé vers la rive est, où ils se sont arrêtés à Gabal-el-Teir (Mont des Oiseaux), près de Samaloute.

   De Gabal-el-Teir, la Sainte Famille est allée à Achmounine, près de Malawi, puis à un village appelé Philes, à presque 20 km au sud d’Achmounine. Puis, ils ont voyagé à Qoussiah (Qousqam), où ils ont été traités durement et ont été chassés par les gens mêmes qui ont vu que leurs idoles en pierres étaient tombées devant Jésus. La Sainte Famille s’est enfuie au village de Mirah (Mir à présent), d’où ils sont allés à la Montagne de Qousqam, où le Monastère fameux de la Sainte Vierge, connu par le nom d’ « Al-Mouharraque » se trouve. Là, à cette montagne, il leur a été révélé par l’Esprit qu’ils doivent retourner à Jérusalem. Ils ont suivi une route qui les a pris au sud, jusqu'à la Montagne d’Assiout, où ils se sont abrités pour quelque temps dans une caverne connue à présent par le nom du Monastère de la St. Vierge à Assiout.

L’Eglise de la St. Vierge Marie à Zeitoune :

   La Sainte Famille peut être passée par Zeitoune, une banlieue du Caire. Sur les dômes de l’Eglise de St. Marie à Zeitoune, un grand nombre d’apparitions de St. Marie a eu lieu (du 2 Avril 1968 à 1971). De telles apparitions émerveillantes ont eu lieu successivement et ont été clairement vues par des milliers de gens.

Le Cabinet de la St. Vierge Marie à El-Ezrawia :

   On dit que la Sainte Famille est passée par une ferme de pastèques où des graines avaient été semées. St. Joseph a demandé au fermier de dire aux soldats qui les chassaient que la Sainte Famille était passée par la ferme pendant le temps où il semait ses graines. Deux jours plus tard, quand les soldats sont arrivés à la ferme, les pastèques avaient fleuri et quelques fruits étaient devenus visibles. Ceci a fait croire aux soldats que la Sainte Famille était passée par ce lieu depuis plusieurs mois. Alors, ils ont ralenti leur chasse de la Sainte Famille.

La Montagne de la Paume (El-Kaff) :

   On dit que pendant que la Sainte Famille traversait le Nil vers Gabal-el-Teir, une pierre énorme de la Montagne allait tomber sur leur barque. St. Marie a eu peur, mais Son Fils – qui a le pouvoir sur la nature – a tendu Sa main, empêchant ainsi la pierre de tomber, et Il a laissé une marque de Sa paume imprimée sur elle. La Reine Hélène, mère de l’Empereur Constantin, a ordonné qu’une Eglise soit bâtie à ce lieu. Pendant le douzième siècle (1168 Ap. J.-C.), quand Almeric, roi de Jérusalem, a envahit la Haute-Egypte, il a coupé cette pierre et l’a prise en Syrie.

La Prédication de St. Marc

   L’Eglise Copte, ou l’Eglise D’Alexandrie est appelée « la Prédication de St. Marc » ; elle est une des quatre premières prédications : Jérusalem, Antioche, Alexandrie et Rome.

Comment le Christianisme a-t-il été introduit en Egypte ?

   St. Marc est considéré le fondateur de l’Eglise Copte. Pourtant, l’évidence indique que le Christianisme a été introduit en Egypte avant St. Marc, bien que, sans doute, cela doit avoir été à une très petite échelle. En ce qui suit se trouvent quelques points intéressants sur ce sujet :

1) Le livre des Actes fait référence aux Juifs de l’Egypte qui étaient présents pendant la Pentecôte (Actes 2 :10). A leur retour chez eux, ils doivent avoir transmis à leurs prochains ce qu’ils avaient vu et entendu à propos du Christ.


2) Le même livre mentionne un « Juif Alexandrin appelé Apollos » qui est arrivé en Ephèse… Il est décrit comme un homme éloquent et versé dans les Ecritures. Il a prêché avec une grande ferveur spirituelle et il a été capable de démontrer des Ecritures que Jésus est le Christ attendu (Actes 18 :24-28). Il est possible qu’Apollos ait été un membre d’un petit groupe Chrétien d’origine Juive, qui vivait à Alexandrie.

3) St. Luc adresse son Evangile à « l’excellent Théophile », un croyant Chrétien d’Alexandrie.

4) Le livre Copte du Synaxère (le jour du 15 Bachance) enregistre la prédication de Simon le Zélote dans des régions du Sud de l’Egypte et de la Nubie.

St. Marc le Fondateur :

   Les Coptes sont fiers du fait que leur église est apostolique, dont le fondateur est St. Marc, un des soixante-dix Apôtres (Marc 10 :10), et un des quatre Evangélistes. Il est vu par la hiérarchie Copte comme le premier de leurs 117 patriarches ininterrompus, et aussi comme le premier d’un flot de martyrs Egyptiens.

   Cet état apostolique n’a pas été fourni seulement sur la base de sa (l’église) fondation, mais, plutôt, par la persistance de l’église à observer la même foi reçue de l’Apôtre et de ses successeurs, les saints pères.

Bibliographie de St. Marc :

   St. Marc était un natif de l’Afrique, né de parents Juifs qui appartenaient à la tribu des Lévites. Sa famille vécut en Cyrenaica jusqu'à ce qu’ils furent attaqués par certains barbares et perdirent leur propriété. Par conséquent, ils s’installèrent à Jérusalem avec leur fils Jean Marc (Actes 12 :12, 25 ; 15 :37) Apparemment, il reçut une bonne éducation et devint courant en Grec et en Latin, en plus de l’Hébreux. Sa famille était très religieuse et intime avec le Seigneur Jésus. Son cousin était St. Barnabas, et le cousin de son père était St. Pierre. Sa mère, Marie, joua une part importante dans les premiers temps de l’église à Jérusalem. Sa chambre haute devint la première église Chrétienne dans le monde, où le Seigneur Lui-même institua la Sainte Eucharistie (Marc 14 :12-26) Là, aussi, le Seigneur parut aux disciples après Sa résurrection, et Son Saint-Esprit vint sur eux.

   Le jeune Marc était toujours associé au Seigneur, qui l’a choisi comme un des soixante-dix. Il est mentionné dans l’Ecriture dans un certain nombre d’évènements liés au Seigneur : Il était présent dans les Noces de Cana en Galilée, et il était l’homme portant la cruche, quand les disciples étaient allés préparer une place pour la célébration de la Pâque (Marc 14 :13, 14 ; Luc 22 :11). [Il était aussi l’homme qui s’était enfui tout nu avant la Crucifixion (Marc 14 :51,52)] Alors, l’église insiste sur appeler St. Marc « Théorimos », c’est-à-dire « Celui qui a vu le Seigneur », pour empêcher les contrefaçons de certains historiens.

St. Marc et le Lion :

Le lion est le symbole de St. Marc pour deux raisons :

1) Il commence son Evangile en décrivant Jean Baptiste comme un lion rugissant dans le désert. (Marc 1 :3)

2) Son histoire fameuse avec le lion, comme elle nous a été transmise par St. Severus Ibn-El-Mokafaa : Une fois, un lion et une lionne parurent à Jean Marc et à son père Arostalis alors qu’ils voyageaient en Jourdain. Le père eut très peur et supplia son fils de s’enfuir, alors que lui, il attendrait son destin. Jean Marc rassura son père que Jésus-Christ les sauvera, et il commença à prier. Les deux bêtes tombèrent, morts, et, comme résultat de ce miracle, son père crut en Christ, et il mourut bientôt après cela.

Prêcher avec les Apôtres :

   D’abord, St. Marc accompagna St. Pierre dans ses voyages missionnaires à Jérusalem et en Judée. Ensuite, il accompagna St. Paul et St. Barnabas dans leur premier voyage missionnaire à Antioche, Chypre et Asie Mineure, mais, pour une raison ou une autre, il les quitta et retourna à Jérusalem (Actes 13 :13) Dans leur second voyage, St. Paul refusa de le prendre avec lui parce qu’il les avait quittés pendant leur mission précédente ; pour cette raison, St. Barnabas se sépara de St. Paul et alla en Chypre avec son cousin, Marc (Actes 15 :36-41). Là, il mourut dans le Seigneur et St. Marc l’ensevelit. Ensuite, St. Paul eut besoin de St. Marc qu’il soit avec lui, et ils prêchèrent tous les deux en Colosses (4 :11), à Rome (Phil. 24 ; 2 Tim. 4 :11) et peut-être à Venise.

En Afrique :

   Le vrai travail de St. Marc est en Afrique. Il quitta Rome vers Pentapolis, où il est né. Après y avoir planté les graines de la foi et après y avoir fait plusieurs miracles, il voyagea en Egypte, à travers Oasis, le désert de Libye, la Haute Egypte, puis il entra en Alexandrie à travers ses portes de l’est en 61 Ap. J.-C.

   A son arrivée, le cuir de sa sandale se coupa. Il alla chez un cordonnier pour le réparer. Quand le cordonnier – Ananias – prit une alêne pour faire cette besogne, il se troua la main par accident et cria très haut : « Oh ! Le seul Dieu ! » A ces mots, St. Marc se réjouit, et, après avoir miraculeusement guéri la blessure de l’homme, il prit du courage et commença à prêcher aux oreilles affamées de son premier converti. L’étincelle s’enflamma et Ananias prit l’Apôtre chez lui. Lui et sa famille furent baptisés et plusieurs les suivirent.

   La propagation du Christianisme doit avoir été très remarquable, car les païens devinrent furieux et cherchèrent St. Marc partout. Ayant senti le danger, l’Apôtre ordonna un évêque (Ananias), trois prêtres et sept diacres pour s’occuper de la congrégation si quelque chose lui arrivait à lui. Il quitta l’Alexandrie vers Berce, puis Rome, où il rencontra St. Pierre et St. Paul et resta là-bas jusqu'à leur martyre en 64 Ap. J.-C.

   A son retour à Alexandrie (65 Ap. J.-C.), St. Marc trouva les siens fermes dans la foi, alors il décida de visiter Pentapolis. Là, il passa deux ans, prêchant et faisant des miracles, ordonnant des évêques et des prêtres et gagnant plus de convertis.

   Finalement, il retourna en Alexandrie et fut ravi de trouver que les Chrétiens s’étaient tellement multipliés qu’ils avaient pu construire une église considérable dans le quartier suburbain de Baucalis.

Son Martyre :

   En 68 Ap. J.-C., Pâques vint au même jour que la fête de Serapis. La foule païenne furieuse s’était réunie au temple de Serapis en Alexandrie, puis elle descendit et attaqua les Chrétiens qui célébraient Pâques (la Pasche Chrétienne) à Baucalis. St. Marc fut saisi et traîné avec une corde à travers les rues principales de la ville. Les foules criaient : « Le bœuf doit être emmené à Baucalis » qui est un lieu à pic, plein de pierres, où ils nourrissaient les bœufs utilisés comme sacrifices aux idoles. La nuit tombante, le saint fut jeté en prison, où il fut réconforté par la vision d’un ange, le fortifiant, disant : « Maintenant, ton heure est venue, ô Marc, le bon ministre, pour recevoir ta récompense. Sois encouragé, car ton nom a été écrit dans le livre de la vie… » Quand l’ange disparu, St. Marc remercia Dieu de lui avoir envoyé Son ange… Soudain, le Sauveur Lui-même parut et lui dit : « La paix soit avec toi, Marc, mon disciple et mon Evangéliste ! » St. Marc commença à crier : « Ô Mon Seigneur Jésus ! », mais la vision disparut !

   Le lendemain matin, probablement durant la procession triomphante de Serapis, il fut traîné de nouveau à travers la ville, jusqu'à la mort. La chair de son corps fut déchirée, et leur intention était d’incinérer ses restes, mais du vent souffla et la pluie tomba comme des torrents, et la populace se dispersa. Les Chrétiens volèrent son corps et l’ensevelirent secrètement dans une sépulture qu’ils avaient gravée dans une pierre sous l’autel de l’église.

Ses reliques :

Pendant le schisme qui éclata entre les Coptes et les Melkites, ces premiers gardaient la tête alors que le corps restait avec ces derniers. En 644 Ap. J.-C., un soldat se glissa dans l’église où la tête était ensevelie. Il la prit à son bateau, sous l’impression qu’elle était un trésor. Plus tard, quand Amr Ibn-El-Aas (chef des troupes arabes) ordonna les bateaux de quitter l’Alexandrie, ce bateau en particulier ne put pas bouger. Finalement, le soldat dut confesser et Amr la rendu au Pape Benjamin.

   Le corps du saint ne resta pas en Egypte, car il fut volé et pris en Venise par certains marchands Italiens. Ils construirent une cathédrale énorme au nom de St. Marc, croyant que St. Marc était leur patron. En 1968, une partie de ses reliques, qui est maintenant gardée à la nouvelle cathédrale au Caire, fut offerte au Pape Egyptien Cyrille (Kyrollos VI) par Pape Paul VI.

Ses Actes Apostoliques :

   St. Marc était un Apôtre large d’esprit. Son ministère fut très fructueux et couvrit de larges domaines d’activités. Ceux-ci comprennent:

   Prêcher en Egypte, à Pentapolis, en Judée, en Asie Mineure et en Italie, alors que pendant ce temps il ordonna des évêques, des prêtres et des diacres.

Etablir « L’Ecole d’Alexandrie » qui défendit le Christianisme contre l’école philosophique d’Alexandrie et conçut un grand nombre de Pères saints.

   Ecrire la Liturgie de la Sainte Eucharistie, qui fut modifiée plus tard par St. Cyrille en la liturgie connue aujourd’hui comme La Liturgie de St. Cyrille.

   Ecrire l’Evangile de St. Marc.

L'Eglise Copte Et La Pensée Apostolique

   L’Eglise Copte Orthodoxe est une Eglise Apostolique, pas seulement parce que son fondateur est St. Marc l’Apôtre qui a prêché en Egypte, qui a ordonné des évêques, des prêtres et des diacres pour l’aider dans son saint ministère, et qui est devenu un martyr en Alexandrie, et pas seulement parce que son premier Patriarche est le successeur de St. Marc à travers une chaîne ininterrompue de papes depuis l’âge apostolique, mais aussi parce qu’elle préserve la pensée apostolique dans sa vie, dans sa spiritualité, dans ses liturgies et dans ses dogmes. Elle est, en effet, une extension vivante de l’église apostolique, sans déviation.

L’Eglise Copte est parfois accusée d’un conservatisme exagéré et d’un refus des concessions. En fait, elle n’est ni stagnante ni impassible, mais elle est fidèle et conformiste, préservant la vie apostolique et désirant offrir le don de la foi en tous ses aspects, à travers les âges.

J’aimerais mentionner qu’en 1971, j’ai baptisé un enfant à Dallas, Texas, aux Etats-Unis. Un pasteur Américain qui a assisté à la liturgie du baptême m’a dit : « Cet enfant a de la chance. » Quand je lui en ai demandé la raison, il a déclaré : « Durant ce long rite du baptême, j’ai senti que je vivais pendant l’âge apostolique. »

   Père Jungmann dit, dans son livre « La Première Liturgie » : « Dans la structure générale de la Messe, les rites orientaux ont gardé plusieurs caractéristiques primitives qui ont disparu du rite Romain… Alors que notre Messe change de jour en jour, l’Orient répète constamment la même formule invariable. » Puisqu’il n’y a pas eu de changement significatif dans l’adoration dans l’Eglise, c’est-à-dire dans ses liturgies, ses rites et ses hymnes, et puisqu’elle a continué à tenir fermement aux dogmes, Christ transfigure sa vie, attirant plusieurs à Lui, travaillant à l’intérieur de ses membres par le pouvoir de l’Esprit.

J’aimerais mentionner, là, qu’en 1979, une personne américaine a visité notre église en Alexandrie (L’Eglise de St. Georges). Il était venu pour visiter l’église pour une demi heure, comme touriste. Quand son guide a essayé de le rappeler d’un rendez-vous important, il a refusé de quitter jusqu'à la fin de la Liturgie de l’Eucharistie. Quand il est sorti, il a dit à son guide qu’il a été touché par la Liturgie, bien qu’il ne comprenne pas les mots, car il ne connaissait pas la langue Arabe, et qu’il a senti comme s’il était dans un milieu divin.

   Ceci est arrivé à plusieurs reprises dans nos églises aux Etats-Unis.

   Je vous laisserai rencontrer cette pensée apostolique quand nous parlerons de l’Eglise dans son adoration, ses dogmes, sa tradition et sa conduite, …etc.

L'Eglise Copte Avant Le Conseil de Chalcédoine

Les Coptes Sous La Persécution Romaine

L’Etat Romain et les Egyptiens Chrétiens :

   Les Empereurs Romains, fréquemment, dans leur persécution des Chrétiens, se concentraient sur l’Egypte, surtout sur Alexandrie, pour les raisons suivantes :

1) Le succès de l’Eglise d’Alexandrie et de son Ecole à attirer même les philosophes à la nouvelle foi.

2) Alexandrie représentait un centre vital qui fournissait à la capitale Romaine des produits. Pour cette raison, les Empereurs avaient peur d’une révolution en Egypte. L’accusation que Constantin avait faite contre St. Athanase était qu’il défendait d’envoyer ces produits à Constantinople.

3) Le courage des Egyptiens, et leur désir sincère d’atteindre les couronnes du martyre, rendait perplexe les persécuteurs, tel que Dioclétien vint lui-même à Alexandrie pour pratiquer la persécution.

Les Coptes et le Martyre :

   Les Coptes ont insisté à commencer leur calendrier avec le règne de Dioclétien, en 248 Ap. J.-C., l’appelant « Anno Martyri , car, durant son règne, l’Eglise a gagné un nombre nombreux de martyrs, qui sont maintenant glorifiés au Paradis. Vers le 11 Septembre de chaque année, nous célébrons le commencement du nouvel an Copte, l’appelant « La Fête du Nayrouz », dans laquelle nous célébrons la Fête des Martyrs, comme préparation spirituelle pour commencer un nouvel an.

   Par cette compréhension unique [de la foi], l’Eglise d’Alexandrie a montré au monde sa profonde, spirituelle foi, sa vision qui mène à l’éternité, et son concept du martyre. Elle n’a pas considéré le martyre comme étant la mort, ou quelque chose de terrible, mais, plutôt, comme étant une nouvelle naissance qui est une entrée au paradis.

1) Le martyre, en fait, est une pratique journalière que chaque croyant doit connaître, même s’il n’y a pas de persécution, même s’il vit dans un monastère ou seul comme ermite ou pèlerin. Car le martyre est une participation continuelle à la Crucifixion de Jésus. St. Clément d’Alexandrie donne le nom de « martyr » au Gnostique (au vrai Chrétien) qui a accompli une union ordinaire avec Dieu. (2)

2) Le martyre est une entrée à l’éternité. Oregano (3) voyait les temps de la persécution pas comme étant des temps difficiles ou tristes, mais comme étant le vrai âge de l’Eglise.

3) Le martyre est un conflit suprême avec Satan.

4) Le martyre est vu comme étant le chemin de la transfiguration du Christ Crucifié et Ressuscité dans la vie de chacun de nous. Car Christ Lui-même souffre dans Ses martyrs. (4)

Les Coptes et les Persécutions Romaines :

   Les historiens appellent notre Eglise « L’Eglise des Martyrs », pas seulement à cause du grand nombre de martyrs dans notre Eglise, mais aussi à cause du désir ardent que ses membres avaient témoigné pour le martyr. Quand l’adoration leur était défendue, ils ne fuyaient jamais aux catacombes ni n’adoraient dans les tombeaux, mais ils le faisaient ouvertement dans les champs. Plusieurs coptes voyageaient d’une place à l’autre, cherchant les couronnes du martyre.

   Les vagues de persécution, en Egypte, ont commencé dès le premier siècle, quand St. Marc l’Apôtre fut martyrisé par la populace païenne enragée, alors que le gouverneur, bien que pas heureux [du Christianisme], restait au moins tranquille.

   Les sources historiques étaient presque silencieuses à propos des persécutions qui ont lieu en Egypte, jusqu'à la consécration du 12ème Patriarche, Dimitri (68-118 Ap. J.-C.), mais ceci ne signifie pas que pas de persécution n’a eu lieu pendant cette période.

   Par exemple, après la mort de Corrosions (106 Ap. J.-C.), pas de Patriarche ne pouvait être ordonné pour trois ans, à cause de la persécution (5).

   Un autre exemple est que pendant le règne du 7ème Patriarche, Eumenius (129-151 Ap. J.-C.), St. Sofia, une native de l’ancienne Memphis, au centre de l’Egypte, fut martyrisée.

   Durant le règne de Septimus Severus, les Coptes ont souffert de persécutions sévères qui se sont prolongées pendant presque sept ans. Severus avait visité l’Egypte et était allé en Haute Egypte, où il avait trouvé que le Christianisme s’était répandu. Tout de suite, il a ordonné le gouverneur de multiplier la persécution et d’empêcher de prêcher à tout prix. L’Ecole d’Alexandrie fut fermée, son doyen, St. Clément, fut obligé de fuir, et sa place fut prise par Oregano qui avait presque dix-huit ans.

   En 250 Ap. J.-C., Decius a fait sortir un décret aux gouverneurs de toutes les provinces de rétablir la religion de l’état par tous les moyens. Mais, en Egypte, la persécution semble avoir commencé avant la sortie de ce décret. Des milliers furent martyrisés dans les villes et les villages à travers l’Egypte.

   Pendant les années 257 et 258 Ap. J.-C., l’Empereur Valerian a fait sortir des décrets pour détruire l’Eglise, et les chefs de l’Eglise, en Egypte et à Carthage, furent arrêtés. Le Pape Dionysius d’Alexandrie fut arrêté et exilé.

   Durant le règne de Dioclétien, en Alexandrie, un légionnaire appelé Lucius Domitius Domitianus s’appela lui-même empereur. Tout de suite, Dioclétien descendit, en personne, à la côte Egyptienne et prit la ville par force après un siège de huit mois. En 302 Ap. J.-C., il commença sa persécution contre le Christianisme en chassant tout soldat, dans ses légions, qui refusait de conformer à sacrifier aux dieux Romains. Pendant l’année suivante, au grand festival Romain de « Terminalia » (le 23 Février, 303), Doclétien fit sortir un décret impérial contre les Chrétiens. Il paraît que la persécution contre les Chrétiens en Egypte fut plus sévère qu’aux autres pays (et peut-être plus grande que tous). Dioclétien était convaincu que la tête du serpent se trouvait en Egypte, et que s’il arrivait à l’écraser, il anéantirait facilement le Christianisme dans tout l’empire. En tout, à peu près 800000 Chrétiens furent tués par l’épée, en Egypte.

   Il mérite de noter que la persécution inaugurée par Dioclétien fut soutenue par Maximius Daza (305-313), César de l’Egypte et de la Syrie, dont le règne fut le plus prolifique en carnage, de toutes les périodes dans toute l’histoire des persécutions de l’Eglise. Les martyrs de son règne étaient attribués, d’habitude, à la « Persécution Dioclétienne ».

Exemples de Martyrs

Actes des Martyrs :

   A travers les vagues de persécution, plusieurs chefs spirituels se dévouaient pour fortifier les martyrs et les confesseurs. Ils visitaient les prisons et leur tenaient compagnie pendant leur procès, ou même jusqu’au lieu de leur exécution. Certains hommes vertueux ne tenaient pas seulement compagnie aux martyrs, mais ils osaient prendre leurs corps saints ou leurs reliques, et ils écrivirent la biographie de leurs procès et de leur martyre, en témoins oculaires. Cette biographie est appelée « Actes des Martyrs ».

1. Théodora la Vierge :

   Elle fut citée en justice pendant la persécution Dioclétienne. Elle fut accusée d’être Chrétienne, peut-être à cause de son refus d’épouser un certain noble. Elle fut emmenée à un nid de péché et d’infamie, mais un soldat Chrétien appelé Didymius la sauva en lui donnant son propre manteau. Quand Didymius fut envoyé pour être martyrisé, Théodora parut pour partager avec lui la couronne du martyre.

2. St. Mina, le Faiseur de Miracles :

   St. Mina est très connu dans l’Est et l’Ouest à cause des plusieurs miracles qu’il a faits, par ses prières pour nous. Ceci est évident dans les nombreux petites bouteilles en argile, avec son image et son nom gravés dessus, qui furent trouvées par les archéologues dans plusieurs villes dans le monde entier, comme Heidelberg en Allemagne, Milan en Italie, Dalmatie en Yougoslavie, Marseille en France, Dongula au Soudan, et à Jérusalem.

   St. Mina est né en 285, à la ville de Niceous, qui suit la provision de Mymphe. Ses parents étaient de vrais Chrétiens ascétiques, son père Audexios et sa mère Aufimia. A la fête de St. Marie, sa mère, qui n’avait pas d’enfants, pria devant l’icône de la Vierge, avec des larmes, que Dieu lui donne un fils béni. Un son vint à ses oreilles disant « Amen », alors elle appela son fils Mina.

   Son père, un chef d’une des provisions de l’Egypte, mourut quand Mina avait quatorze ans. A quinze ans, il rejoint l’armée et on lui donna un rang élevé, à cause de la réputation de son père, et il fut engagé en Algérie. Trois ans plus tard, il quitta l’armée, désirant dévouer toute sa vie au Christ, et il se dirigea vers le désert pour vivre une vie différente.

  
Après avoir passé cinq ans comme ermite, il vit les anges couronnant les martyrs avec de glorieuses couronnes, et il désira les rejoindre. Il alla vite au chef (de la ville), déclarant sa foi Chrétienne. Son endurance infinie des tortures qu’il subit attira plusieurs des païens, pas seulement au Christianisme, mais aussi au martyre. Son corps fut enseveli à Marriute, près d’Alexandrie. Il fut découvert par la fille du Roi Zinon, qui fut guérie d’une maladie quand elle se coucha au lieu de l’ensevelissement (du saint). Le roi construit une église là, et une grande ville fut établie. Les malades dans le monde entier visitaient cette ville pour recevoir la guérison. Pape Cyrille VI établit un nouveau monastère dans cette région.

3. St. Réfka :

   Elle et ses cinq enfants, natifs d’un village en Haute-Egypte, à la province de « Quous », se soumirent eux-mêmes au gouverneur de Quous, après avoir donné tous ce qu’ils possédaient aux pauvres et à ceux qui sont dans le besoin. La famille de Réfka était bien connue et aimée par les natifs de Quous. Alors, pour qu’ils ne soient pas punis à Quous, ils furent envoyés à Armanius, le gouverneur d’Alexandrie, qui visitait Choubra (une banlieue de Damanhour) en ce temps là. Là, ils souffrirent de cruelles tortures, et, finalement, leur tête fut coupée, donnant un grand exemple de l’amour du martyre.

4. St. Demiana :

   Elle est une des martyrs populaires de l’Egypte. Elle vivait avec quarante vierges à son château, qui était comme un couvent. Pendant le règne de Dioclétien, elle reprocha à son père, Markos, le gouverneur d’El-Borollos (Zaafaran), son reniement du Christ, et elle l’incita à être martyrisé avec elle et les quarante vierges.

5. St. Catherine :

   Au septième siècle, Tillemont écrivit qu’il serait difficile de trouver un saint qui soit plus fameux que St. Catherine, la vierge d’Alexandrie, qui rencontra son martyre au jeune âge de dix-huit ans, en 307 ap. J.-C. Baronius déclare que dans son propre pays, la Belgique, il n’y a pas une cité ou une ville qui soit sans une église ou un autel construits en sa gloire ; même sa fête était célébrée et était un jour de vacances dans certains pays Européens, comme l’Angleterre, pendant le treizième siècle.

   On dit qu’elle a enduré d’horribles tortures et qu’elle a même osé argumenter et raisonner, en publique, avec les philosophes d’Alexandrie, et qu’elle eut du succès à les convertir, eux et plusieurs officiers du tribunal, au Christianisme… Son corps saint fut transporté au Mont de Sinaï par les anges.

   En général, elle est vue comme étant la patronne des écoles, probablement à cause de ses arguments à controverse avec les philosophes d’Alexandrie. En Europe, (en 1063 ap. J.-C.) un demi monastère fut établi en son honneur, où ceux qui le rejoignaient faisaient un vœu de vivre dans la virginité.

6. Arianus, le Gouverneur d’Antionie :

   L’Empire Romain n’a point connu un gouverneur qui eut été plus cruel qu’Arianus, qui avait dévoué toute sa force à imposer de sévères tortures aux Chrétiens, au point que certains gouverneurs hors de l’Egypte lui envoyaient les Chrétiens qui refusaient d’abandonner la foi Chrétienne. Il avait grand plaisir à visiter d’autres cités, comme Esnah (Latoplis) en Haute-Egypte, où il tua les évêques et tout le peuple.

  
Il entendit parler d’un diacre Chrétien à Antionie, appelé Apollnius. Ayant été cité en justice, Apollnius, ayant eut peur, demanda à son ami païen, Philémon le joueur de pipeau, de paraître devant le gouverneur, et il l’acheta avec de l’or pour qu’il offre des sacrifices aux idoles. Philémon se déguisa dans les habits du diacre et alla devant le gouverneur. Mais là, la grâce de Dieu convertit Philémon et il refusa d’offrir le sacrifice !

   Après plusieurs tentatives échouées de la part d’Arianus, il appela Philémon, le joueur de pipeau, supposant que cet homme qui allait paraître devant lui était Apollnius, espérant qu’à travers la musique du joueur de pipeau et à travers son influence, un changement de foi arriverait. Mais la recherche du messager fut en vain, jusqu'à ce que le frère du joueur de pipeau fut obligé de dire la vérité. Furieux, Arianus ordonna que le joueur de pipeau et le diacre paraissent devant lui, les soumettant à de grandes punitions, jettant des flèches sur eux ; mais aucune des flèches n’atteignit les deux Chrétiens. Une des flèches revint et blessa l’œil du gouverneur. Philémon dit au gouverneur, alors que celui-ci criait au secours, d’attendre jusqu'au jour suivant et d’utiliser la poussière de leurs propres tombeaux pour guérir son œil, car ils devaient être tués s’ils n’abandonnaient pas la foi Chrétienne. La tête des deux Chrétiens fut coupée. Arianus ne put pas dormir pendant toute la nuit, et, le lendemain matin, il alla aux tombeaux des martyrs et fit comme Philémon lui avait dit. Tout de suite, son œil fut guéri. Dans son chagrin, le gouverneur se repentit et accepta la foi Chrétienne, et il libéra tous les Chrétiens de prison.

   Dioclétien, qui visitait l’Alexandrie, fut agité. Ne croyant pas ce qu’il avait entendu, il envoya des messagers pour appeler Arianus pour paraître devant lui. Ce dernier obéit à l’ordre, mais, avant de voyager vers l’Alexandrie, il visita les tombeaux des martyrs et les messagers qui étaient avec lui entendirent une voix l’encourageant à être martyrisé lui-même.

  
Dieu accorda à Arianus le don de faire des miracles. A la fin, il fut martyrisé avec les messagers, qui furent convertis au Christianisme.

7. La Légion Thébaine :

En 286 ap. J.-C., comme certaines tribus de Gaule, sous la direction de deux officiers Romains, Aelianus et Amondus, se révoltèrent contre l’Empereur Maximien, ce dernier appela à son secours, de l’Est, une légion appelée Thébaine, (car elle était du voisinage de Thébaïde en Egypte.) Ils étaient tous Chrétiens (6666 membres). Avant d’entrer en guerre, l’empereur fit une revue des troupes et leur demanda de jurer allégeance, avec toutes les cérémonies païennes habituelles. Encouragés par l’exhortation de leur commandant Mauritius, ils refusèrent. Un dixième d’eux eurent la tête coupée devant tous les soldats, mais, au lieu de se soumettre, ils écrivirent une lettre à l’empereur, où ils dirent :

« Ô grand César, nous sommes vos soldats, mais, en même temps, nous sommes les serviteurs de Dieu. Nous devons servir dans le service de (l’armée) Nationale, mais nous nous soumettons aussi, de tout notre cœur, à Dieu… Nous recevons une récompense temporaire de vous, mais nous recevons la récompense éternelle de Lui. Nous n’obéissons jamais à des ordres qui s’opposent aux commandements de Dieu… »

   Ayant lu ce message, il ordonna qu’un autre dixième ait la tête coupée. Le reste refusa toujours de sacrifier aux idoles. Ensuite, ils furent tous martyrisés.

Par Père Tadros Y. Malaty. L'Eglise Copte Orthodoxe de St. Georges, Sporting - Alexandrie. L'Egypte. 1993. Traduit de l'édition Anglaise Revisée par: Samy Anis et Dr. Nora El-Agamy.

 


«Béni soit l'Egypte, mon peuple » (Is.19 :25).

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